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Retour d’expérience d’une énergie renouvelable : l’usine marémotrice de la Rance

La légende bretonne de la fée Émeraude

Le 29 août 2013 par Philippe François

L’usine marémotrice de la Rance a été terminée en 1966, et fonctionne de façon satisfaisante depuis. Avec le four solaire de Font-Romeu terminé en 1968, ces centrales, construites avant la crise pétrolière et le lancement du programme nucléaire de 1974, ont constitué deux tentatives intéressantes de production d’électricité renouvelable. Après cinquante années de production, quelles leçons tirer de la centrale marémotrice capable de mettre les forces d’attraction du soleil et de la Lune à notre service ?

L’estuaire de la Rance, situé entre la cité corsaire de Saint-Malo et la station balnéaire de Dinard, se trouve dans l’un des plus beaux endroits de la côte d’Émeraude. Et parmi toutes les personnes qui passent chaque année d’une rive à l’autre sur la route de crête du barrage, 100.000 visitent la centrale. La visite commence par l’impression de puissance de l’ensemble puis par des chiffres : barrage de 332 mètres de long, retenue d’eau de 22 kilomètres carrés soit 184 millions de m3 aux plus hautes marées, 24 turbines de 5 mètres de diamètre, réversibles, fonctionnent à marée montante et descendante et en pompage/turbinage, production de 500 millions de kWh par an (soit 5% de la production de Fessenheim), équivalente à la consommation de la ville de Rennes … . La seconde phase se concentre sur les questions environnementales : pas de production de CO2, mais problèmes d’envasement de l’estuaire, de circulation des animaux marins à travers le barrage, de restrictions au passage des bateaux et de consommation de terres agricoles. Enfin les avantages complémentaires liés au barrage : le pont route, les activités touristiques et nautiques rendues possibles par le lac artificiel.

Discussion après la visite

Question : Si j’ai bien compris, l’usine de la Rance produit des kilowattheures électriques parfaitement prévisibles en quantité et en heures puisque les horaires et hauteurs des marées sont prévisibles des siècles à l’avance. C’est beaucoup mieux que les éoliennes et le photovoltaïque, une véritable potion magique ! Où sont les autres usines du même type ?

Réponse : depuis 50 ans, une seule autre industrielle comparable a été construite, en Corée, inaugurée en 2011, malgré les nombreuses études sur le sujet par les Japonais, les Canadiens, les Anglais et, bien sûr les Français.

Question : Pourquoi ?

Réponse : Les besoins en électricité sont très variables et quelquefois très forts. Imagine un mardi 4 février, bien froid, entre 18 et 22 heures. Les usines tournent encore, puis les lumières s’allument, les transports se remplissent avant les ascenseurs, les chauffages électriques sont poussés à fond, le dîner se prépare et la télé va chauffer fort pendant un match de coupe d’Europe. Tous les moyens de production d’électricité sont alors indispensables et, maudite soit la lune, la marée n’est pas favorable : la Rance est au repos. Il faut donc faire appel à une suppléante qui réponde rapidement et complètement, en général à partir de gaz naturel.

C’est la règle : à toute puissance intermittente, éolienne, photo voltaïque ou autre, doit être associée une autre source disponible en permanence. Et l’usine de la Rance ne produit que 25% du temps. D’où la nécessité d’un double investissement … tu devines le résultat.

 Coût du MWh produit par l’usine de la Rance

Le coût de construction du barrage est connu (620 millions de francs, soit 800 millions d’euros 2012), mais le coût de production du MWh par cette usine est plus confidentiel. Il n’est pas mentionné par les documents EDF sur le barrage. La majorité des sources dont Wikipedia retiennent le coût de 120 euros par MWh (ou 0,12 euro par KWh), soit un coût proche de l’éolien terrestre et deux à trois fois inférieur à l’éolien marin ou au photovoltaïque. Certains sites indiquent curieusement à la fois « 185 euros par MWh et un prix très compétitif et inférieur à la moyenne des coûts de production d’EDF (200 euros pour une centrale nucléaire). Le site de l’ADEME Bretagne confirme : au prix de 185 euros par MWh, un prix très compétitif et inférieur à la moyenne des coûts de production d’EDF. Seuls quelques sites admettent que ce coût est très supérieur à celui du nucléaire ce qui est exact, le coût de vente en gros (et donc de production) d’EDF étant de 40 à 50 euros par MWh, soit trois à quatre fois inférieur au coût indiqué pour les MWh de la Rance. Ces coûts de 120 ou 185 euros ne tiennent pas compte des investissements nécessaires dans les centrales à gaz complémentaires.

 

 
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Dernière mise a jour le ( 30/08/2013 )  
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